Le courrier de Ouest-France ce matin fait vomir (04/12)

Publié le par étudiants des ag de nantes

Voici un aperçu de contenu de Ouest-France: rendus des faits a véracité relative, hiérarchie de l'info biaisée, objectivité partiale et mis entre les mains de milliers de lecteurs... Trouvé sur Indymedia Nantes, une vision sans concession.

Le courrier de Ouest-France ce matin fait vomir.

Ce mardi matin 4 décembre, la rédaction nantaise de « Ouest-France » déclare avoir reçu sur son forum près de 170 avis concernant le mouvement étudiant et lycéen. Elle a choisi d’en publier trois : deux qui justifient les violences policières contre les enfants, et un qui ne les critique pas.

Il faut remercier « Ouest-France » pour une aussi salubre exposition des idées les plus rances de notre époque. Même si (de même qu’il faut prévenir les lecteurs non avertis lorsqu’on leur fait étudier un texte raciste ou négationniste), on aurait pu indiquer en note que toute apologie de la violence d’Etat contre la liberté d’expression politique des enfants contrevient aux principes fondateurs inscrits dans le préambule constitutionnel de 1946, ainsi que dans la Convention internationale des Droits de l’enfant, qui oblige la France.

 

Voici donc le courageux anonyme « Régis », de Nantes, qui dénonce « l’incroyable naïveté des lycéens, trop idéalistes » (citation de titre, d’ailleurs refaite par le journal). Et cette prose nous permet de confirmer l’une seule des leçons apprises lors de notre courte existence terrestre : Lorsqu’il s’agit de justifier une ignominie, quelle qu’elle soit, il existe toujours un moyen ingénieux de l’exprimer dans une langue idéologique compatible avec le gauchisme. En effet, les idéologies d’extrême-gauche reformatées par le léninisme sont désormais merveilleusement plastiques depuis 1968 : On peut leur faire dire tout ce que l’on veut, y compris de complimenter le confort de la soumission volontaire et autosatisfaite, sur l’air entendu du : Je vous l’avais bien dit.

 

Et Régis de voler au secours de la raison d’Etat, en bon hégelien de sous-préfecture : « Ces jeunes gens idéalistes et romantiques, qui n’ont sans doute pas (encore ?) lu Stirner ou Bakounine, i-Podés de la tête au pieds, sont tout de même d’une incroyable naïveté quand au rapport de force qui est en jeu. Quand on manifeste en dehors du cadre légal, on DOIT s’attendre à ce que les forces de l’ordre réagissent et à prendre des coups ». Et s’attendre à être mutilé ou handicapé à vie ? (Vous apprécierez les lettres capitales du mot DOIT : ordre comminatoire de se résigner et de ne plus s’étonner de rien. Enfants, cachez vos rouges tabliers, et rentrez chez vous consommer sagement, si possible en lisant Sartre et Bakounine.)

 

Ça, c’était pour l’extrême-gauche à-poutre-apparente. Plus à droite dans le même courrier des lecteurs, monsieur Pierre, de Nantes, fournit généreusement la légende photo fournie par la rédaction : « L’incident (sic) avec la police est regrettable mais est-ce normal de forcer une grille et de laisser des enfants de 15 ou 16 ans dans la rue ? ». Et de préciser : « Soit il va en cours, soit il rentre chez lui, car comme chacun sait, une manifestation peut toujours dégénérer… ».

 

Comme dans le texte précédent, on constate ici une absence criante de tout idéal politique ou civique. La voici, la vacuité morale de l’ère sarkozienne. Tout se vaut, rien de mieux, à quoi bon… Tu as bien raison, monsieur Pierre, de vouloir empêcher les jeunes de se réunir collectivement. Ils pourraient être visés au flashball, et ce serait bien de leur seule faute. Les monsieur Pierre, de Nantes, sont universels : Au Brésil, ils prétendent que les enfants, massacrés dans les favelas par les escadrons de la mort et les gangs, l’ont après tout bien mérité, ils n’avaient qu’à rester sagement chez eux à regarder la télé. Ainsi qu’en Birmanie, en Irak, et sous le règne de la mafia sicilienne. Surtout ne pas trop chercher à s’inquiéter du sort du monde.

 

Partout ailleurs, ils expliqueront qu’une femme agressée dans la rue n’a que ce qu’elle mérite. Elle aura provoqué une violence dont il ne faut surtout plus s’étonner, ni dénoncer les causes sociales ou politiques. Ainsi va la France de Sarkozy.

 

Entre 1940 et 1945, environ 45000 personnes ont été déportées de France en Allemagne pour des faits de résistance, dont près de 20 000 ne sont pas revenues. C’est peu, c’est beaucoup. Auxquelles il faut ajouter environ 15 000 Résistants massacrés sur le sol français ou tués les armes à la main. Tous ces gens étaient en effet beaucoup trop naïfs et idéalistes. S’ils ont souffert, eux et leurs proches, c’est qu’ils l’avaient bien cherché. Il n’avaient qu’à écouter les conseils rétrospectifs de nos courriers des lecteurs, et attendre sagement à la maison que d’autres se préoccupent pour eux de l’idéal commun, si précieux, si fragile.

 

Quand ils ont tiré à vue sur des manifestants, je n’ai rien dit, je n’étais jamais manifestant. Quand ils ont justifié la violence sur les enfants, je n’ai rien dit, je n’étais pas enfant. Quand ils ont supprimé les libertés, je n’ai rien dit, car personnellement je ne fais jamais usage de ma liberté. Et quand ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour me défendre.
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